Nous avons eu jusqu’ici le récit divin de ce que Dieu a fait ; ensuite l’épreuve et la ruine complète de la créature, avec la révélation de la miséricorde divine en Christ le Seigneur. Nous avons eu ‘in fine’ le jugement du monde d’avant le déluge, - et l’histoire universelle, nous pourrions dire, des origines des nations, - en comparaison de laquelle il n’y a rien de sûr, même aujourd’hui, en dépit de toutes les prétentions des hommes. Leur histoire vraie, aussi maigre qu’elle puisse paraître, leur histoire la plus complète, se trouve dans ce court chapitre — Genèse 10 — qui était devant nous lors de la dernière réunion ; le chapitre suivant (Genèse 11) révèle la raison morale de cette dispersion qui a été auparavant présentée simplement comme un fait. Ensuite l’Esprit de Dieu aborde non seulement l’origine de cette nation qu’Il allait former pour Sa propre louange et Sa propre gloire sur la terre, mais aussi la lignée régulière de la famille choisie, donnée dans ses successions depuis Sem jusqu’à Abram.
Ceci introduit Genèse 12 sur un terrain entièrement nouveau. Il est évident que l’on entre ici dans une atmosphère sensiblement différente. Ce n’est plus l’homme en tant que tel, mais un homme séparé par Dieu vers Lui-même, et ceci par une promesse donnée à quelqu’un de choisi et d’appelé — une racine nouvelle et une souche nouvelle. Ce sont des principes que Dieu n’a jamais abandonnés depuis, et qu’Il n’abandonnera jamais. Laissez-moi répéter que ce n’est plus l’humanité comme jusqu’ici, ni des nations seulement, mais nous avons l’appel de Dieu vers Lui-même — le seul moyen de salut là où la ruine est entrée, et avant que le jugement ne revendique la nature et la volonté de Dieu par Sa puissance. Car nous savons par ailleurs que l’idolâtrie prévalait alors parmi les hommes, y compris parmi les descendants de Sem ; et voilà qu’un homme a été appelé par le vrai Dieu et vers Lui sur un principe qui n’a ni changé ni jugé (si ce n’est moralement) les associations du monde nouvellement formées [au ch. 10], mais ce principe a séparé celui qui a obéi aux promesses divines avec de meilleures espérances. C’est donc Abram qui a été l’objet de Son choix. Je ne nie pas que Dieu ait fait des choix auparavant ; mais cela devient maintenant un principe publiquement affirmé. Ce n’a pas été seulement un appel connu secrètement de celui qui en était l’objet, mais il y a eu désormais quelqu’un de séparé pour Dieu par un appel venant de Lui et le constituant dépositaire de Sa promesse, — le témoin de ceci étant devant les yeux de tous, et en conséquence béni, et devenant un canal de bénédiction. Car ce qui pouvait paraître, à l’esprit étroit de l’homme, une rupture austère d’avec son entourage, avait en fait franchement le but de sécuriser la bénédiction divine et éternelle, — et non pas seulement pour lui-même et pour sa descendance, mais le but était de sécuriser un courant intarissable de bénédictions qui ne manqueraient jamais à toutes les familles de la terre. Cela reste encore à montrer par Dieu. Pour l’instant cela a été réduit à néant comme tout le reste de ce qui est dans les mains de l’homme ; mais Dieu prouvera encore à la face de ce monde comment, dans son appel d’Abram, Il a opéré vraiment et divinement, et dans l’intérêt même de l’homme, aussi bien que de Sa propre gloire.
Abram sort donc au commandement de Dieu ; il quitte son pays, mais tout d’abord, nous trouvons une mesure d’infirmité qui l’entrave. Il y avait quelqu’un qui s’accrochait à l’homme appelé, et dont la présence a toujours été un obstacle : la compagnie de quelqu’un qui n’est pas dans l’appel a toujours cet effet. Térakh n’était pas l’objet de l’appel, et pourtant il était difficile de refuser sa compagnie ; mais l’effet était grave, car tant que Térakh était là, Abram n’a pas atteint Canaan. Térakh meurt (car le Seigneur, dans sa grâce, contrôle les choses en faveur de ceux dont le cœur est simple, même au milieu de faiblesse) ; et maintenant « ils sortirent pour aller au pays de Canaan ; et ils entrèrent au pays de Canaan ». Le Cananéen, est-il ajouté, était alors dans le pays (*). « Et l’Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta semence. Et [Abram] bâtit là un autel à l’Éternel, qui lui était apparu ».